Pulp Club

Blog commun de Bloggeurs Avertis

30 mars 2009

Une famille brésilienne

São Paulo. Ses rues. Ses immeubles gris et sales. Ses voitures. Son trafic de dingue. Ses coursiers. Ses bus. Ses gens, partout, tout le temps. Son foot.

On est au Brésil et on ne sait plus où regarder tellement tout bouge. Dans tous les sens, n'importe comment...Au milieu de ce bazar, il y a Cleuza, plus vraiment très jeune, pas encore très vieille...avec ses quatre fils. Tous de pères différents, bien sûr. Tous absents, évidemment. Regilnaldo, le plus jeune, cherche son père derrière tous les chauffeurs de bus, persuadé qu'un jour, il tombera sur celui qu'avait rencontré sa mère. Dario vient tout juste d'avoir 18ans mais il est loin de s'en réjouir. Lui, il veut être footballeur professionnel et l'arrivée de la majorité amenuise peu à peu ses chances de passer pro...on le considère trop vieux. Dinho, quant à lui, se réfugie dans la religion. Il est un fidèle assidu de l'église évangéliste. C'est également le seul à aider un peu sa mère financièrement. L'ainé de la famille a déjà un fils et vit plus ou moins séparé de la mère de ce dernier...il gagne difficilement sa vie et sombre peu à peu du côté obscur de la force quand il découvre que l'argent n'arrive passez assez rapidement.

L'argent qui manque, c'est sans doute le pire. Et la vie ne va pas s'améliorer maintenant que Cleuza est de nouveau enceinte. Encore un enfant dont personne ne connait le père, comme lui balance un de ses fils, un soir de crise.

Rien de bien marrant, me direz vous, après avoir lu ce résumé...et c'est vrai, ce n'est pas une vie de contes de fée qui nous est racontée ici...Mais difficile, malgré tout, de ne pas tomber amoureuse de cette famille à la fois unie et éclatée...On sent qu'un petit rien pourrait tous les balancer dans le plus sordide...mais qu'un coup de pouce pourrait tout arranger...Ce sont des vies en suspens, des vies qui cherchent une issue. Des gentils garçons un peu méchants qui veulent juste s'en sortir, en fait. Des personnages en quête d'une identité, qui cherchent leur place et surtout des réponses.

Tout ça pour quoi? Une chronique réaliste et juste selon certains, un film qui n'arrive pas à décoller, selon d'autres...Personnelement, j'ai beaucoup aimé les personnages, j'y ai vu une petite lueur d'espoir malgré tout...Mais cela reste un long métrage assez pessimiste qui, sans sombrer dans le misérabilisme et la compassion à cinquante centimes d'euros, montre une société qui est VRAIMENT VRAIMENT en crise.

Posté par Petiiiteconne à 11:48 - Ecran Géant - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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28 mars 2009

Live Report Les Ogres de Barback, à Zinga Zanga (Béziers)

Les Ogres de Barback viennent d’entamer une tournée évènement d’un peu plus d’un mois. Cette tournée marque la fin d’un spectacle proposé pendant environ 2 ans, à la suite de la sortie de l’album Du simple au néant en 2007.
C’est à Béziers que le rendez-vous est pris, le samedi 21 mars 2009.

                           Les_Ogres_de_Barback

La toute nouvelle salle de Béziers Zinga Zanga est parée pour recevoir un des groupes le plus populaire et le plus emblématique de la chanson française. Fondé en 1994, les quatre frères Burguière d’origine arménienne continuent d’enflammer les cœurs. Aucun doute là-dessus.

La mise en température a été d’ailleurs très cuivrée puisque c’étaient les Fils de Teuhpu qui venaient nous présenter leur tout nouvel opus sorti sous peu, intitulé Camping sauvage.
Trois quart d’heure sans trop en faire, juste ce qu’il faut, en nous faisant même plaisir avec le mythique « Bricoleur ». Trois petits tours et puis s’en vont, place aux Ogres.

La salle est comble, près de 2 000 personnes se sont déplacées. Avec 10 albums au compteur, les Ogres ont un public fidèle et acquis. Et l’on comprend pourquoi. Ils vont nous proposer un véritable show de 2h45. Un voyage aux quatre coins de la planète, sans frontière. Les influences tziganes et arméniennes se font sentir, on ne renie pas les origines.
Accordéon omniprésent, guitare sèche pour commencer, l’électrique pour terminer, la chaleur est montée crescendo !
Là où l’on prend une immense claque, c’est par la polyvalence artistique du groupe, véritablement multi-instrumentiste. Que ce soit entre les morceaux, ou à l’intérieur même des compos. L’art de maîtriser le violoncelle, le piano, la trompette, le trombone, le tuba…
Chapeau.

Le choix de la set list est également judicieux : les Ogres s’ouvrent et montrent leur grande famille au public. Le concert est imagé sur Grand mère, Ma fille, L’oncle, Jérôme, L’arménienne… Comme si la musique laissait la place aux images, à cette complicité irréprochable entre les deux partis.
Une expédition longue, étoilée, et aussi très rythmée. En effet on n’a jamais eu l’impression de tomber dans une période creuse : le groupe va alterner pendant 2h les morceaux posés de son répertoire, agrémentés d’instruments légers à cordes et à vent, avec les compos plus boulégantes et nerveuses. La violence des mots, la violence des notes, les Ogres n’ont pas changé.
Beaucoup d’humour sur 3-0, faisant un tour de France des grandes villes avec ses stéréotypes et ses groupes mythiques, de la douceur et un clin d’œil aux enfants sur les deux morceaux Pitt’Ocha, mais aussi de l’ironie sur Accordéon pour les cons. Les incontournables étaient bels et bien là. Tant mieux pour le spectacle !

Le nombre de rappels, quatre, a été significatif de l’osmose générale. Le premier retour a été ahurissant : à la surprise de tous deux platines sont amenées, Fred et Sam s’improvisent sur du dub, tandis qu’Alice et Mathilde débarquent avec des cuivres. On est littéralement restés sur le cul de ce petit interlude très dubby.
Le deuxième rappel a quant à lui sonné la charge avec la reprise assez rock de Salut à Toi de Bérurier Noir. Après quelques morceaux interprétés, les Ogres se retirent encore…pour mieux revenir. Alors que tout le matériel a été débranché, ils se collent au public et jouent en acoustique P’tit Gars, l’indémodable Rue de Paname, et laisse le public s’occuper de chanter. De quoi faire hérisser les poils sur les bras.
A croire qu’ils ne partiraient jamais, les Ogres, après 2h45 de concert, viennent une dernière fois pour saluer la foule avec les marionnettes qu’ils font jouer. Un régal.

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Cette tournée exceptionnelle est en tous points à la hauteur de l’évènement. Un spectacle joué 2 ans pour célébrer les 15 ans du groupe, de grands écrans derrière les musiciens qui passent des constructions visuelles qu’ils ont concocté ; ainsi qu’une mise en scène originale avec une grande grue à la manière d’un cirque. Cette dernière a comme rôle de descendre les instruments volumineux, ou sert alors de grosse cymbale surélevée, actionnée par un levier.

Enfin pour définitivement combler le public, les Ogres ont distribué à chaque spectateur le double dvd Fin de Chantier…, sorti le 9 mars dernier dans le commerce, enregistré à l’Olympia. D’une durée de 4h45, les 2h45 de concert sont dispo dans le dvd 1, ainsi que 2h de clips, de making of, et des interviews sont sur le dvd 2. Les Ogres de Barback ont tenu à remercier le public, leur public, de leur fidélité depuis maintenant 15 ans.
Des concerts comme ça, on en redemande. Il n’y a plus beaucoup de nos jours.

Þ La Tournée Evènement dure du 6 Mars au 10 Avril 2009. Le double dvd Fin de Chantier… est distribué gratuitement à chaque spectateur de la tournée.

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D’ailleurs, elle touche bientôt à sa fin, il ne reste que 8 dates :
- à Grenoble (38), le 28 Mars
- au Mans (72), le 1er Avril
- à Brest (29), le 2 Avril
- à Nantes (44), le 3 Avril
- à Cesson Savigné (35), le 8 Avril -COMPLET-
- à Paris (75), le 9 Avril
- à Landres (54), le 10 Avril

Set List : Intro // Ma fille // Jésus // Contes, vents et marées // C’est beau // Marée basse // Voyageur // L’arménienne // Destin artificiel // Jérôme // 3-0 // Pour me rendre à mon bureau // Pas bien // Mécanique // Pitt’Ocha // Accordéon pour les cons // Delo // Pardon Madjid // Et oui ! // Violoncelle // Il ne restera rien // Les voyageurs // Grand-mère // L’oncle // Flamme and Co // Pequeno // Ni dieu ni dieue // interlude dub // Salut à toi // Salut à vous // Monsieur perd ses copains // P’tit gars (acoustique) // Rue de Paname (acoustique) // Marionnettes.

Posté par Aiollywood à 12:22 - Sur Scène - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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27 mars 2009

T'as de beaux os, tu sais?

Cette année, pour les défilés automne-hiver 2009 de Sonia Rykiel, les mannequins parlaient en défilant. Elles débitaient des phrases débiles du genre « Je porte un renard rouge » ou « Je suis toute nue sous mon pull ». Sympa non? D'habitude, pour les défilés des fringues faites par Sonia, les top sourient, et c'est déjà pas mal. Parce que vous avez remarqué? La plupart du temps, elles font toujours la gueule, ces filles. Elles ont la cuisse fine, pour ne pas dire osseuse, elles ont les joues creuses (oui, c'est sans doute un artifice dû au maquillage savant des savantes maquilleuses), elles ont les genoux qui se disent merde et des talons hauts, oui des beaux hauts talons, qui les font gracieusement onduler d'un bout à l'autre du podium. Elles font la gueule. Elles regardent droit devant elles et elles marchent. Elles n'ont pas l'air d'être là pour avoir l'air sympa. La mode, c'est du sérieux. Elles se ressemblent toutes au final, comme coulées dans le même moule mais ma foi, paraît que c'est normal oui, paraît même que c'est fait exprès et elles deviennent aussi inconsistantes et privées d'identité que les mannequins en plastique noir de chez H&M.

Aujourd'hui, mon but n'est pas de lancer la polémique stérile du genre « Han elles sont anorexiques », ou « Le culte de la minceur, bordel! C'est naze! ». Non non. J'avais juste envie de me poser une question publiquement et ma question est simple, ma question c'est pourquoi. Pourquoi depuis des décennies les couturiers continuent à créer des fringues pour des filles qui ne remplissent pas leur XS. Pourquoi quand ils dessinent, la plupart d'entre eux imaginent des silhouettes dénuées de formes. Sans hanches. Sans seins. Plates et privées de tous les attributs de la féminité. Presque masculines. Presque semblables à un corps d'homme fluet. Chétif. Sans chair et fantomatique.

Ces couturiers, souvent gay, disent adorer les femmes et vouloir les magnifier mais ils travaillent pour quel genre de femmes? Un femme irréelle? Fantasmée? Est ce que la haute couture n'est finalement qu'un art comme un autre coupé de toute réalité? Je ne parle même pas des notions de « luxe » et de « rêve ».

Je parle pratique.

Je tente de trouver une raison.

Je me demande si ces couturiers homos ne travaillent pas pour la femme qu'ils auraient rêvé d'être. Ils créent des fringues qu'ils pourraient presque porter eux-mêmes.

Je me demande s'ils aiment tant que ça le corps féminin.

Karl Lagerfeld, commentant son dernier défilé disait (à peu près ces mots) : « Cette fille avec la robe pull rose, c'est machin. C'est la seule fille de ce défile à avoir des formes et c'est la seule à qui ce genre de vêtements peut aller ».

Pourquoi seulement une sur trente alors?

Posté par Petiiiteconne à 09:54 - Brèves de comptoir - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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100 Bullets, la rencontre Reservoir Dogs entre Usual Suspects.

Imaginez que vous avez subi un préjudice, le genre de préjudice qui a détruit votre vie, vous avez fini en prison, vous avez perdu votre ou encore votre petite entreprise a périclité. On vous a piégé et vous n'avez plus rien. Vous avez toutes les chances de croiser l'agent Graves, un homme en complet, sec, acariâtre, sarcastique et transportant toujours un attaché-case. Cet attaché-case contient une arme et 100 munitions intraçables, vous pouvez vous en servir en toute impunité, mais la mallette renferme aussi et surtout les preuves irréfutables qu'on vous a fais du tort, et qui en est à l'origine. A vous de décider comment utiliser ces "cadeaux".

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100B_Cv92Le principe de base est on ne peut plus simple, à chaque début d'histoire, on voit Graves remettre un attaché-case à quelqu'un, et on voit comment celui-ci s'en sert (ou pas). Mais bientôt, des questions se posent. Qui est Graves ? Pourquoi fait-il cela ? Comment a-t-il accès à ces informations personnelles ? Comment peut-il donner l'immunité ?

Le scénario montre souvent de personnages au bout du rouleau, dans des ambiances glauques.100_bullets_milo Et les histoires sont généralement très noires. Certaines auront des répercussions, d'autres ne dureront qu'un épisode. Très souvent, une deuxième histoire, qui peut à-priori sembler anecdotique, se mêle à l'histoire principale et aura des conséquences bien plus tard... Le scénario est à tiroir, certaines choses que l'on pensent savoir sont vite remises en questions, et les éléments s'imbriquent sans qu'on s'en aperçoivent.

38_1Pour parler un peu du dessin, c'est tout simplement un maître qui s'en charge, Eduardo Risso. Une mise en scène tout bonnement exceptionnelle et un sens de la lumière tout bonnement affolant. Un dessinateur aux ambiances sombres et aux personnages sadiques et cyniques qui convient à merveille pour ce récit. Ajoutons les couvertures de Dave Johnson, des petites beauté de graphisme !!!

Une intrigue travaillée, noire à souhait, soutenu par un dessin virtuose, un petit bijou. La série se termine aux USA (la série compte bien entendu 100 numéros), et il y en a déjà 7 volumes de parus dans notre belle contrée !!!!

Posté par Clownface à 01:41 - Au menu - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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25 mars 2009

Une Nuit à New York - Nick and Norah's Infinite Playlist

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Printemps du cinéma oblige, direction les salles obscures après un bain de foule et un passage en caisse forcé. 3,50€ plus tard, ma compatriote moldave (Anto) et moi-même nous nous sommes installées dans de (presque) moelleux sièges rouges, attendant impatiemment de contempler « Une Nuit à New York ».

Réalisé par
Peter Sollett. Avec Michael Cera, Kat Dennings, Alexis Dziena

L’histoire : Nick, qui est membre d'un obscur groupe de rock indépendant, vient de vivre une rupture difficile. De son côté, Norah a du mal à donner un sens à sa vie et à sa relation épisodique avec un musicien trop égoïste.
Les deux jeunes gens n'ont rien en commun, sauf leurs goûts musicaux. Leur rencontre fortuite va les entraîner toute une nuit à New-York vers le lieu mystérieux où doit se produire leur groupe préféré. Au cours de cette nuit de surprises et d'aventures, ils vont découvrir qu'ils ont peut-être plus en commun que leur seul amour de la musique... (source Allociné).


L’avis partagé d’Anto et d’Aerials :

Un film très sympathique, léger, frais et dispo, un brin sexe, alcool, et rock’n’roll, tout cela au royaume des ados. Dès les premières minutes, on pense indéniablement à Juno. Tout d’abord parce qu’il y a Michael Cera c’est évident, mais aussi parce qu’on y retrouve plus ou moins la même ambiance et les mêmes thèmes: le côté adolescence et amourettes, sur fond de  musique rock indé. La BO du film est d’ailleurs plutôt pas mal et pour les plus mélomanes, vous remarquerez sûrement le petit clin d’œil de Devendra Banhart qui fait un passage éclair dans une supérette.

Parlons un petit peu des personnages principaux.
D’un côté nous avons Nick et Norah. Ils ne se connaissent pas et le seul lien qui les rapproche, c'est la musique. Fans absolus du même groupe de rock, ils suivent la piste des lapins (cf Matrix? Les lapins crétins?) pour pouvoir assister  au concert et c'est lors de ce périple musical qu'ils vont apprendre à (beaucoup) mieux se connaître à coups de confessions.
De l’autre côté il y a Caroline et les potes homo de Nick, qui apportent une bonne dose d’humour à l’histoire. Caroline c’est l’exemple même de la fille bien dans ses shoes, qui boit, qui s’éclate, qui n’a pas peur de braver tous les dangers pour ne pas avoir à se séparer de son chewing-gum, ce qui donne droit à des scènes assez « cocasses ».
Pour ce qui est du décor du film, Une Nuit à New York aurait aussi bien pu s’appeler Une Nuit à Nice tellement le réalisateur nous montre une Big Apple sans artifice (et sans Spiderman), sale, peu rassurante…bref comme une vraie ville en somme.

Vous l’aurez compris, on a bien accroché
et ce jusqu'à la fin, qui n'est pas très surprenante mais pas décevante pour autant. Alors surtout, faites-nous plaisir si vous devez choisir entre Coco et Cyprien allez voir Une Nuit à New York, vous serez mignons.

Posté par aerials à 10:00 - Ecran Géant - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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24 mars 2009

Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort !

C’est le slogan que l’on trouve écrit sur les sacs de la boutique que tient la famille Tuvache. Le Magasin des Suicides.
Un magasin où depuis plusieurs générations, les articles à vendre se trouvent être des tas de possibilités pour mettre fin à ces jours.
Parpaings pour être certain de rester au fond de l’eau, poisons en tous genre et même mieux des kits de chimiste pour préparer soi-même son poison, les inévitables cordes et lames de rasoir, je m’attendais presque à trouver parmi les étalages, la discographie complète de Saez (private joke ^^).
Dans ce magasin, Lucrèce, son mari Mishima et leurs trois enfants Marilyn, Vincent et le petit dernier Alan accueillent les clients par un « mauvais jour » et terminent par un « adieu ».
A lire présenté comme ça, on peut se dire que ça sent pas mal le glauque.
Mais il n’en est rien. Jean Teulé distille tout au long de cet assez court roman, une atmosphère étrange, un peu irréelle et parfois franchement drôle.
Oui drôle. Drôle parce que le dernier né des Tuvache a une particularité que les autres n’ont pas : il a la joie de vivre et rien ne peut entacher son optimisme. Un comble pour ce commerce de la mort et un désespoir pour sa famille.
Donc c’est drôle, pour un livre qui s’appelle le Magasin des Suicides, ce n’était pas gagné mais c’est réussi.

De l’humour noir garanti, et une véritable originalité dans ce récit, qui aurait osé inventer un magasin des suicides et trouver tous les jours des nouvelles inventions pour se donner la mort ?!
Je partais un peu dubitative et inquiète mais j’ai été agréablement surprise et j’ai vraiment passé un très bon moment, bien que la fin m’ait laissée un peu coite ^^

« C’est un petit magasin où n’entre jamais un rayon rose et gai. Son unique fenêtre, à gauche de la porte d’entrée, est masquée par des cônes en papier, des boîtes en carton empilées. Une ardoise pend à la crémone.
Accrochés au plafond, des tubes au néon éclairent une dame âgée qui s’approche d’un bébé dans un landau gris :
- Oh, il sourit !
Une autre femme plus jeune […] s’insurge :
- Comment ça, mon fils sourit ? Mais non, il ne sourit pas. Ce doit être un pli de bouche. Pourquoi il sourirait ?
[…]
la dame âgée et désespérée s’en va, la corde enroulée autour d’une épaule sous un ciel chagrin.
Le commerçant se retourne dans le magasin :
- Hou, bon débarras ! Fait chier, celle-là. Il ne sourit pas.
La mère est restée près de la caisse suspendue de la voiture d’enfant qui remue toute seule. Le grincement des ressorts se mêle à des gazouillis et des éclats de rire émanant de l’intérieur du landau. Plantés de chaque côté, les parents se regardent catastrophés :
- Merde…»

Merci Clownface ;-)

Posté par Zofia à 22:18 - Au menu - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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21 mars 2009

Johan Padan à la découvertes des Amériques de Dario Fo

Coup de téléphone 24h avant. J'ai deux places pour aller voir une pièce de théâtre, à Montpellier. Toi qui aimes l'histoire, tu vas apprécier : ça parle de l'Inquisition et de la découverte des Amériques. Bon, dis comme-ça, j'étais pas très chaud. Puis au final, au lieu de rester enfermé, j'ai dis oui. Putain que je ne regrette pas.


                             Johan_Padan

L'histoire :
Elle est très simple. Johan Padan est Vénitien, au 15e siècle. Il est amoureux d'une sorcière qui lui donne des conseils pour se faciliter la vie. L'Europe, en pleine querelle religieuse, est à feu et à sang. Mis à mal par l'Inquisition locale, Padan saute dans un premier bateau et débarque à Séville, en Espagne. Même topo. Il saute donc dans un second bateau. Sans le savoir, il part vers les Amériques !
Il va y rencontrer les peuples indios et essaie de sauver sa peau dans un premier temps. Dans un second temps il apprend avec les moyens du bord leur culture. Puis enfin, il tente de leur enseigner la foi catholique pour éviter qu'ils soient réduits en esclavage par les espagnols !

Les décors:
C'est époustouflant ! Cette pièce est digne de la relève du théâtre contemporain et de son renouveau. La scène est dénuée de décors. Il n'y a rien !

Les acteurs :
Ils sont trois seulement, pour ne pas dire un. L'acteur principal est situé en plein milieu de la scène, avec une simple chaise. Les deux autres sont sur les côtés, surélevés sur deux petites estrades séparées, au fond. Mais ces deux-là ne parlent pas ! Un est à la guitare sèche, et l'autre a un double rôle : il s'occupe des bruitages (peu nombreux au final), et à la flûte traversière et au saxo. C'est tout !

                             johan_padan

La mise en scène :
Elle est terrible. Et pourtant les 10 premières minutes on s'est demandé ce qu'on faisait ici vu la mise en scène que l'on pensait (je dis bien pensait) pauvre. On se rend vite compte que la pièce va être racontée uniquement par une personne : Johan Padan, au centre de la scène. Et c'est là que je dis CHAPEAU.
Pendant 1h25, il fait tout : il raconte admirablement bien (bon ok, c'est son métier), il bouge, il saute, il mime tout, mais absolument tout avec sa simple chaise, sans temps mort ! On se demande comment le mec fait pour tenir la pièce seul pendant tout ce temps ! Il nous a littéralement amené dans son voyage, nous a fait découvrir les peuples indiens, leur coûtumes, leur mode de vie. Et bien sûr le tout est raconté de façon comique, tournant à la dérision toutes les méthodes d'impérialisme colonialiste royal et religieux. Un monologue, car au final c'en est un (!), exceptionnel. Je vous dis pas lorsqu'il a donné son premier de catéchisme aux indiens ! Fou rire assuré quand ces derniers décident de faire une véritable ovation à la fille de joie la plus célèbre de l’histoire Marie-Madeleine, sans oublier le petit exercice de chant des cantiques chrétiens en dandelinant les hanches à la façon flamenco. Et clou de l’histoire quand ces mêmes sauvages se demandent à la fois méfiants et perplexes ce que peut bien être ce fruit qu’est la "pomme" qui a envoyé à la perdition l’humanité toute entière. Qu’à cela ne tienne. La pomme n’existe pas en Amérique ? "Vous n’avez qu’à imaginer que c’est une papaye", répond Johan Padan. Et voilà donc Adam et Eve chassés du paradis pour avoir croqué dans une papaye ! On vous épargne ici la séance d’apprentissage de la trinité (Dieu qui est 1, mais en fait non, qui est 3…on a perdu quelqu’un ?)
 
On peut même retrouver un côté cartoon dans la mise en scène avec notamment les deux musiciens qui mettaient en musique les situations et faisaient des bruitages comiques par dessus la parole. Tout coincidait à merveille, quelle fluidité ! Jamais ils n'ont pris la parole, pourtant beaucoup étaient persuadés en sortant d'avoir vu plusieurs personnages !

Le contenu :
Vraiment rien à redire dans la forme, mais pour qualifier une pièce d'excellente, il faut voir si "le fond" l'est tout autant. Et c'est là qu'on reste le cul par terre. Car à travers cette mise en scène originale et délirante, il y a une véritable satire politique. Oui, c'est le mot. Son condencé critique est vraiment surprenant. L'impérialisme conduit au nom de la religion est montré du doigt, tout comme les dérapages d'un capitalisme en position de marche. Quel régal ! Que de subtilités ! Cette comédie burlesque montre admirablement bien les cruautés et absurdités de la colonisation espagnole.


Une pièce de : Dario Fo (prix nobel de la littérature 1997)
Mise en scène et interprétation : Laurent Cappe
Musiciens : Eric Paque et Arnaud Thuillez
Durée : 1h25

Vu au Théâtre d'O de Montpellier le jeudi 19 mars 2009.

20 mars 2009

Stuck In The Sound? C'est un peu Shoot Shoot, Ouais...

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Aerials
Stuck In The Sound est un quatuor  parisien de “rock Indé” (comme ils disent) formé en 2002 par José Reis Fontao (chant/guitare), Emmanuel Barichasse (guitare), Arno Bordas (basse) et François Ernie (batterie). Je me souviens avoir découvert ce groupe vraiment par hasard en apercevant une affiche sur un mur de la fac. Le nom m’avait tout de suite attirée, alors j’avais décidé de suivre mon instinct et de prendre des places pour leur concert qui avait lieu le week-end suivant. Malgré le peu de monde présent dans la salle j’avais passé un excellent moment,  je n’avais vraiment pas été déçue, surtout qu’en plus, pour ne rien gâcher, j’avais eu la possibilité de papoter un peu avec José à la fin du concert et il avait été carrément sympa. Leur musique avait ce petit côté frais, nouveau, différent et même parfois drôle, à l’image de leur premier album Nevermind The Living Dead. Quelques jours plus tard, je m’étais donc empressée de courir chez mon disquaire pour dénicher le fameux objet circulaire. Vous avez peut-être déjà entendu Toy Boy, titre phare de ce premier opus. En voici la vidéo :

Quelques mois plus tard, le groupe donnait un concert gratuit au Festival Plages de Rock qui comme son nom ne l’indique pas se situe chaque année dans un camping de luxe en bord de mer. Encore une fois, et malgré le mistral décapant invité pour la soirée, le groupe avait assuré comme pas deux. Cette fois-ci, cependant, j’avais rameuté les dénommés Rael et Little Flea avec lesquels on a quand même eu droit à un passage dans les loges. Evidemment, parce que jamais deux sans trois, on a voulu remettre ça et donc Rael et moi sommes allés les revoir en concert à Nice peu de temps après. Toujours pas lassés.

Après un tel engouement pour le premier album, le deuxième se faisait vraiment attendre et avait bien intérêt à être à la hauteur. C’est donc en Janvier dernier que Shoegazing Kids est sorti dans les bacs. Dès la première écoute, mon appréhension s’est très vite dissipée. J’ai été surprise tout d’abord par le changement notable du chant,  plus doux, peut-être un peu moins brut mais toujours aussi efficace. Efficace, c’est d’ailleurs l’adjectif qui correspond bien à l’album dans son intégralité ; l’esprit reste le même mais est exploité de manière différente. Avec des titres aussi bons que Teen Tale, le très dansant Shoot Shoot ou encore Dirty Waterfalls, pour moi, c’est plus qu’une réussite.
Le premier single est l’indescriptible Ouais, dont voici le clip :

Rael
Le nouvel opus se démarque du précédent: Il est plus clean, entendez par là que les morceaux présents sur la première galette avaient tendance à se barrer dans tous les sens. C’était fun, ça correspondait à l’esprit de cet album porté par un hymne totalement débile, à savoir Toy boy… Ici, on est un peu plus sérieux, la chanson qui porte l’album à sa sortie en est un exemple flagrant : Ouais donne moins dans l’excès de voix, c’est aussi plus sobre au niveau de l’instru… Mais on n’oublie pas d’être stuck quand même puisque le refrain possède les paroles les plus poussées de l’histoire des musiques actuelles : « wé ouh haha, waha wouhou ouaih… ». Bref, Stuck revient avec un album, on dira plus mature, moins excentrique que le premier, mais cela ne lui enlève pas ses qualités. Il y a son lot de très bonne chansons, aux styles variés, parfois rock, parfois plus douces… Mon seul regret est que shoegazing kids n’a pas dans sa playlist un titre aussi monstrueux que  Delicious dog sur Nevermind the living dead… C’est dommage.

Maintenant je vais faire comme pour le 1er album : Je vais attendre de les voir sur scène pour avoir un avis définitif des nouveaux morceaux, ce genre de groupe donne toute sa puissance sur scène et c’est à ce moment là que les morceaux s’encrent ou pas dans votre tête…

Aerials
De mon côté, hier soir, Jeudi 19 Mars (jour de grève nationale…on s’en rappellera…), j’ai pu réitérer l’expérience du live, pour la quatrième fois, en compagnie de Zofia et Petiteconne dans la salle du Ninkasi Kao de Lyon. Je vous passerai les détails sur l’éprouvant périple qui nous a mené jusque devant la salle. Quoiqu’il en soit, et pour faire bref, je pense que nous n’avons pas souffert pour rien, une fois encore le show fut à la hauteur de mes espérances et je l’espère de celles de mes comparses en mode découverte.

En Bonus: Juste pour le fun, voici une petite vidéo postée sur leur myspace :
"I’ve got something special for ya"



JRF SE BARRE EN COUILLE
par DavidFontao

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19 mars 2009

Genshiken - Le manga regarde ses lecteurs dans les yeux

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Je profite de la sortie récente du tome 8 en France pour vous parler de cette extraordinaire série...

Manga de Kio Shimoku en 9 tome, parut chez kurokawa, le titre est une contraction de Gendai Shikaku Bunka Kenkyūkai, qui signifie "club d'étude de la culture visuelle moderne".

En gros, on suit la vie quotidienne d'une grosse bande d'otaku, réunit dans un club qui se dit représentant de la culture visuelle moderne (TV, Jeux vidéo, MANGA) mais personne n'est dupe c'est avant tout une bande de glandeurs qui se réunit pour parler des animés vue la veille, pour lire des manga et des fanzines de cul, et qui jouent aux jeux vidéos, surtout des jeux de drague...

L'histoire commence avec l'arrivée dans le groupe en début d'année de nouveaux membres, et personnages principaux: Sasahara est un peu le héro, le petit jeune introverti pas encore totalement otak mais quand même...
Kosaka, le beau gosse qui ne parait pas otaku, mais qui est le pire de tous, et surtout sa copine Saki, qui vient au club pour être avec lui, mais qui a horreur des otakus... Personnage plein de contradictions...

Ils rejoignent donc Madarame, l'otaku de base, tel qu'on peut se le représenter, mais tellement plus subtil... Kugayama, le spécialiste des maquettes, timide au plus haut point, Tanaka, le fan de cosplay, et le président, personnage énigmatique dont on ne sait pas l'âge...

Au début de l'histoire l'intérêt est porté sur les personnages, on les découvre et on apprend a les connaitre, les apprécier... Voir la relation du club avec les autres clubs du lycée, et surtout avec le club rival: le club de manga... Régulièrement, de nouveaux arrivants se présentent, comme Ono, la cosplayeuse fan de vieux chauves, Oguie qui va être l'instigatrice de l'intrigue de l'histoire, puisqu'on ne sait pas pourquoi elle rejoint le club puisqu'elle porte une haine sans fin aux otakus... Pire que Saki!

L'intérêt et la principale qualité de ce manga, c'est sa vraisemblance... Non pas que ce soit un manga réaliste, mais ici, il n'est pas question de japoniaiserie... Les personnages ne rougissent pas quand on les touches et Echanger un baisé avec un homme n'est pas l'acte le plus important d’une fille... Non, il y a des vrais relations entre les perso, ça parle parfois de cul, comme on le ferait avec nos potes... Les personnages ne pensent pas comme des personnages de manga, mais bien comme des humains... Bon, des otaku quand même... Ils sont méga grave!!! Mais attachant malgré tout.
Du coup on est absorbé par les mini intrigues, et on veut savoir ce qu'il va se passer, comment les relations entre les personnages vont évoluer (oui parce que les relations évoluent, je vous dis qu’on n’est pas dans un manga de base). L'arrivée de Oguie donne même un second souffle à l'histoire puisqu'une intrigue sur du long terme s'installe et nous accroche définitivement.

Bref, je ne peux que vous conseiller ce manga clafi de références à la culture visuelle moderne, heureusement intelligemment complété par un lexique en fin de chaque volume. On rie beaucoup, mais pas seulement et il y a même des grands moments, comme un épisode ou madarame est seul dans le local du groupe avec Saki, et ne sachant gérer une conversation avec une fille, il se l'imagine façon jeu de drague... Juste énorme.

Indispensable, sachez que le tome 8 est de très haute volée, et que le tome 9 sortira en Juin (c'est long!!!)

 

Notez enfin qu'il existe aussi une série animée en deux saisons, assez bien foutue, mais je préfère personnellement le manga.

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15 mars 2009

Mais qu'est ce que le cri de Wilhelm?

Pour ce second article sous forme de "qu'est ce que..." j'ai enquêté sur la conspiration du cri de Wilhelm. Quelle erreur je n'ai pas fait!

Le cri de Wilhelm est un sample tout bête, du cri d'un mec... On ne sait pas exactement d'où ce cri vient, mais on sait qu'il fut utilisé pour la 1er fois dans le film Les Aventures du capitaine Wyatt. Cet effet fut ensuite réutilisé, et popularisé par le film The Charge at Feather River, c'est là qu'il reçu le nom de Wilhelm en référence à un personnage du film. Et puis ce fut la dégringolade...

Au bout d'un moment le cri devint un gimmick récurent de pas mal de films, en tête de liste les productions lucas, puisque chaque star wars, chaque indiana jones en compte au moins un. Et c'est devenu un jeu: Caler un cri de Wilhelm dans des endroits improbables, et le trouver...


Cri Wilhelm
envoyé par Tremechan

Vous avez vécu pendant des années dans l'ignorance, comme moi... Mais désormais vous savez, et vous ne pourrez plus regarder un film, et l'apprécier simplement... Vous allez chercher le cri PARTOUT!!! Comme moi, vous allez traquer les informations sur les nouvelles découvertes de cris non répertoriés, et vous chercherez absolument à en trouver un que personne ne connait... Bref votre vie va devenir un véritable calvaire. Tout ça à cause d'une saleté de bande sonore libre de droit! Hollywood la perfide a encore frappée!!! Pitié! Je veux ne plus savoir l'affreuse vérité, je veux pouvoir regarder un film sans me demander où sera le prochain cri... Comme on dit: Les ignorants sont bénis...

 

Voici un lien vers une liste non exhaustive des films qui intègrent le cri:
http://www.hollywoodlostandfound.net/wilhelm.html

 

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