08 novembre 2009
Michael Jackson's This Is It
Un résumé de l’histoire ne s’impose pas mais pour ceux qui vivraient sur Mars depuis le mois de juin : un documentaire des répétitions en vue de la tournée This is it qui aurait du avoir lieu en juillet dernier.
J’avais très peur d’assister à un montage bâtard, vite fait, des images des répétitions des futurs concerts de Michael Jackson, une sorte de grand clip avec des chansons de cd en bande-son. Mais il n’en est rien et le travail fourni sur ce documentaire est impressionnant.
Tout d’abord le documentaire est riche d’images. On ne propose pas un jour de répét’ avec quelques extraits, on assiste à plusieurs jours de travail mais pas seulement. Le film s’ouvre sur les déclarations des danseurs engagés pour les concerts, sur leur passion et leur amour pour MJ (je me la joue intime ^^) puis on enchaîne avec la présentation à Londres de la tournée This Is It. Le film est découpé de façon à intercaler des images « techniques » entre les chansons. Par exemple, on a un aperçu des auditions des danseurs, les choix, les hésitations, puis des entraînements des chorégraphies, mais aussi les réglages de sons ou des modifications dans les morceaux chantés. Ce qui est très intéressant d’un point de vue purement technique, voir comment cela se passe, et d’un point de vue artistique où là on se rend vraiment compte que MJ était aux commandes de tout. Pas dans un sens péjoratif mais d’une minutie extrême, d’une passion pour son travail, pour la musique, il savait exactement quelle note il fallait à quel endroit, à quel moment.
On voit aussi des bouts de making-off du tournage des clips réalisés en vu d’être diffusés pendant le concert, comme accessoires à la scène, notamment ceux pour Smooth Criminal, The way you make me feel et They don’t care about us. Les moyens employés pour produire des grands clips, des trucs hallucinants avaient été mis en œuvre. A ces débuts, ses clips étaient déjà les meilleurs et aujourd’hui avec les nouvelles techniques en matière d’image et de réalisations, on aurait probablement assisté à des trucs de fou ! Et en avoir un petit aperçu dans ce film est un vrai plaisir.
Et c’est là que j’ai regretté, presque au point d’en pleurer, qu’il soit mort, que ces concerts mythiques n’aient jamais lieu, qu’on ne puisse pas voir tout ce talent, tout ce perfectionnisme une dernière fois sur scène. Du gâchis parce que sérieusement, artistiquement, musicalement, le potentiel était énorme.
Et d’ailleurs, ces images montrent une chose, MJ était loin d’aller aussi mal que ce qu’on a voulu nous faire croire. Il chante, il danse, il corrige, il propose, il ne s’arrête jamais. Alors bien sûr, il est un peu plus maigre, il saute peut-être moins haut et doit se tenir à la passerelle qui survole le sol mais la voix est toujours là, sublimement claire et juste, la danse aussi et l’envie surtout.
On a droit à environ 15 chansons parmi les meilleures (Beat it, Man in the mirror, Thriller, Billie Jean, Black or Wite, Don’t stop ‘til you get enough’, I just can’t stop loving you, Wanna be startin’ somethin’, Earth song…).
Pour Smooth Criminal, MJ se transforme en personnage de film de gangster en noir et blanc des années 30 (d’après ce que j’ai compris, son image est intégrée à un film déjà réalisé) en costume blanc rayé de noir. Pour They don’t care about us, une armée de soldats futuristes (jouée par 11 danseurs et multipliée à l’infini) fait office de décor et j’en passe. Car on ne voit pas tout.
Je dirais qu’une partie a été conservée et avec un peu de chance, dans la version dvd, on aura droit à une version longue ou un making-off fourni, ce serait plus sympa la version longue mais bon…
Face à une salle vide, le personnage est complètement charismatique, habité, une icône. Et c’est peut-être les images les plus vraies de Michael Jackson, les plus sincères, les plus naturelles.
Et pour ça, pour le talent, pour le plaisir, This Is It mérite d’être vu. Je m’en fous à qui ce film rapporte des sous, j’apprécie la chance qui m’est donnée de visionner ces images, bouche bée tout le long, j’ai carrément pris mon pied !
source : Allocine.fr © Sony Pictures Releasing France
05 novembre 2009
Le Vilain - Albert Dupontel
Date de sortie cinéma : 25 novembre 2009
Réalisé par Albert Dupontel
Avec Albert Dupontel, Catherine Frot, Bouli Lanners
Long-métrage français. Genre : Comédie
Durée : 1h26 min Année de production : 2008
Mercredi 04 Novembre 2009, 20h30, avant première du nouveau film d'Albert Dupontel: Le Vilain. Après Bernie, Le Créateur et Enfermé Dehors, Le vilain continue sur la piste de la comédie acide, sorte de croisement entre la comédie noire (histoire de gangster, promoteurs véreux, planque...) et le dessin animé de Tex avery, le tout recouvert d'une bonne couche de politiquement incorrect.
L'histoire:
Un truand maléfique vient se planquer chez sa vieille mère qu'il a abandonné voilà 20 ans. La brave dame vit dans un lotissement en voie de destruction, subit les pressions de promoteurs prêts à tout pour avoir sa maison en vue de bâtir un quartier d'affaire, pense être maudite par dieu qui l'empêche de mourir et croit dur comme fer que son fiston est un ange. Quand elle découvre qu'il est une belle saloperie, elle comprend que sa mission est de réparer ses erreurs... Les ennuis commencent.
L'avis:
Dupontel est un génie, que ce soit en tant qu'acteur ou en tant que réalisateur. Son univers haut en couleur réussit à être léger tout en abordant des sujets franchement graves, il est souvent question de morts violentes, de situations plus que douteuses, mais son humour et la façon qu'il a de traiter ces thèmes font passer la pilule.
Ce film se veut plus léger que les autres, mais reste franchement limite et c'est tant mieux! Il traite du rapport Mère-fils et distille ça et là quelques grammes d'émotion qui adoucissent le propos. La mise en scène est efficace, péchue, les effets comiques sont franchement délirants, avec une mention spéciale pour les running gag de la tortue revancharde et du médecin à la ramasse (Nicolas Marié excellent), enfin les acteurs sont au top, Catherine Frot qui campe la vieille mère de Dupontel est extraordinaire et Albert Dupontel est fou.
Bref si vous aimez Albert Dupontel et que vous êtes sensible à son humour et ses précédents films, vous ne pourrez bouder celui-ci tant il est à se tordre de rire.
Enfin, pour ma part, ce fut un véritable bonheur de rencontrer Albert Dupontel, un homme qui apparait simple, et réfléchi, drôle et direct.
23 octobre 2009
Archive - Controlling crowds Part IV
Comme prévu, le nouvel opus de Controlling crowds est sortie le 21 Octobre 2009. Après 3 premières parties encensé dans ses pages il y a quelques mois, Orienté Trip hop à l'ancienne avec des pièces musicales longues et chargées, pas forcement accessibles au premier abord, la 4eme partie nous apparait plus concise, moins lourde, plus immédiate.
Démarrant sur les chapeaux de roue par les trois pistes: Pills, Lines et Empty bottle. Le disque nous gratifie d'une dizaine de pistes courtes (4 à 5 minutes en moyenne) largement dominées par les voix de Dave et Pollard. Maria et Rosko ne faisant qu'une courte apparition, remarquable malgré tout.
Nombre de pistes tapent dans la mélancolie, avec un petit côté dépouillé qui tranche avec ce que l'on connait du groupe. On reste malgré tout dans des sonorités made in Archive, faut pas déconner.
Bref, petite chronique pour un album bien sympathique, qui donne envie de les revoir une troisième fois sur scène.
A noter qu'il existe une version complète de Controlling Crowds est sortie en même temps que Part IV, et qu'elle est bien intéressante puisque moins chère que les deux albums séparés...
Découvrez la playlist Part IV avec Archive
18 octobre 2009
Baise-moi - Virgine Despentes
L'histoire:
Nadine et Manu sont deux filles de leur époque, à une nuance près : elles refusent de subir la vie, ses frustrations et es défaites. Alors, elles forcent le destin à accomplir leur volonté, persuadées que tout ce qui ne les tuera pas les rendra plus fortes.
De casses de supermarchés en revanches sanglantes, elles deviennent des prédatrices insatiables et sans scrupules, parsemant leur sale balade de sentences bien brutales, syncopées et implacables.
Le lecteur suit donc ces deux filles pendant un road trip fou à travers la France. Avec leurs "guns", elles tirent sur tout ce qui peut les gêner dans leur descente aux enfers. Elles tuent par plaisir, par provocation, pour faire la une des journaux, marquer les esprits (elles tueront même un gamin). Elles n’ont pas de mobiles car elles n’en ont pas besoin. Ces hold-up, ces meurtres, ces parties de "baise" (elles couchent avec des hommes et les jettent après comme des merdes), c’est leur revanche sur la société, leur manière à elles de montrer que ce sont des électrons libres et qu’elles se sont affranchies du joug de l’autorité. (petit plaisir personnel…)
Virginie Despentes n’y va pas par quatre chemins. C’est cru, direct, syncopé, un peu à l’image de ses héroïnes finalement. Elle se contente simplement de relater les faits. Elle ne cherche ni à excuser le comportement de ses personnages, ni à le mettre en valeur ; Nadine et Manu reconnaissent d’ailleurs n’avoir "aucune circonstances atténuantes". C’est au lecteur de se faire sa propre idée, à lui de voir ce qui peut faire de tout ça.
Si j’ai bien aimé l’histoire, je regrette un peu l’écriture. Ce ne sont pas les passages crus qui m’ont dérangée, plus les passages de description. Je les trouve parfois un peu faciles. Je pense que l’histoire aurait eu plus de gueule avec un petit truc en plus dans la manière de présenter les choses. Mais bon, et c’est ça aussi qui a fait le succès du livre : direct, brute, sans fioritures autour.
L’auteur nous emmène dans un univers apocalyptique et désespéré, où les limites sont dépassées et où "le meilleur plan, c’est encore de ne pas avoir de plan".
16 octobre 2009
Sia Furler n'est pas une marque de pulls...
Sia, australienne de son état, est une chanteuse. Et oui vous l'aurez compris pour les plus fidèles, je reprends mon tour d'horizon des chanteurs qui déboitent du slip.
Née en 1975 à Adélaide, Sia est un personnage, il suffit de l'entendre rire pour s'en persuader. Doté d'une voix grave, chaleureuse et reconnaissable entre mille, Sia a connu dans sa carrière des hauts et des bas.
Elle participe au projet ZERO 7 (quoi?! vous ne connaissez pas Zero 7? Votre vie doit être bien morne), et contribue en grande partie à la réputation du groupe, à tel point qu'en 2006 elle sera, pour le troisième album The Garden, l'unique chanteuse. Elle nous permet de découvrir une voix extraordinaire, transportant une gamme d'émotions immense, et capable de s'adapter à toute une variété de styles musicaux.
Paralèllement, elle s'essaye à une carrière solo, avec l'album Healing is difficult, en 2002, qui ne sera pas à proprement parler, un succés... L'album en lui même n'est pas extrêmement marquant, et lorgne vers une sorte de Rn'b Sympathique mais bien en dessous de ce qu'elle fait avec Zero 7.
Après une tournée pour l'album When it falls avec Zero 7, elle perd son fiancé dans un accident, du coup dépression, descente aux enfers, travaille acharné, et c'est dans cette période sombre de sa vie qu'elle va se révéler.
En 2004, elle revient en solo, avec l'aide de Beck, et sort Colour the small one, piste 03, on trouve Breathe me, que les amateurs de séries connaissent très certainement (Générique de fin de Six feet under). Cette chanson et la qualité de l'album va faire exploser sa carrière solo. En effet, on retrouve enfin la puissance de sa voix, l'émotion qu'il manquait au premier album. Le public ne s'y trompe pas et la plébiscite.
Enfin en 2007, elle revient avec Some people have real problems, et là c'est la folie. L'album est exceptionnel, truffé de titres fabuleux comme: Soon will be found, I go to sleep, Day too soon... Du coup entre sa carrière solo qui décolle enfin et sa consécration au sein de Zero 7, Sia est partout, et nous inonde de sa fantaisie.
Plonger dans un album de Sia, c'est s'immerger dans un univers unique, plein de rêves, de mélancolie et d'amour. Je vous invite à écouter ces petits bijoux de chanson pour que vous vous laissiez happer dans son monde.
Découvrez la playlist Sia avec Sia
12 octobre 2009
Contre-Chronique "Failles" Mass Hystéria (2009)
Au bord de l’implosion en 2005, Mass Hystéria a su trouver les ressources nécessaires pour repartir de l’avant : le précédent opus Une Somme de Détails nous avait enchanté, marquant le retour sur le devant de la scène d’un des plus populaires groupe de métal français. La sortie de Failles en septembre semblait s’inscrire dans sa fraîche lignée…

Beaucoup ont parlé d’album « consécration » concernant Une Somme de Détails, dur de le contester. Cependant l’annonce de ce Failles avait de quoi laisser perplexe : comment Mass Hystéria va assumer ce lourd fardeau ? Les vagues et les tumultes dans le groupe sont désormais lointains, voyons comment les Mass ont travaillé ces deux dernières années.
Bien, c’est indéniable. Les douze nouvelles compos sonnent la charge : violence, brutalité, férocité. Voilà les trois mots qui nous viennent à l’esprit. L’album découle sans temps mort, sans aucun creux entre la première et la quarante deuxième minute.
On retrouve les maîtres mots évoqués dans la galette précédente : Failles s’inscrit bien dans la même lignée, il fallait s’y attendre. Les mêmes thèmes se dégagent, on retrouve de loin les idées véhiculées depuis toujours par le groupe : amour, paix, jouvence, feu sacré, fête et coup de gueule.
Les textes se montrent d’ailleurs dans l’ensemble cohérent. On notera une attention particulière au track qui lance Failles. Word of Fire, ce brulot, nous met une sacré claque, et d’entrée. « parler de révolution c’est comme cracher au plafond, ça ne fera pas crever le plancher de l’exploitation car l’anti-capitalisme est une idée vide, à moins de ne vivre que du troc, allons, soyons lucide ! », cette phrase, la première de l’album, a de quoi nous mettre en température. Cela nous change des discours pseudo-révolutionnaires que l’on aime bien nous chanter à toutes les sauces… L’impact de ce premier opus est colossal, on a déjà entre nos mains le morceau phare de l’album : on se croirait revenu au temps des mythiques « Furiaaa » qui déchiraient les salles surchauffées !
Les années défilent, Mass Hystéria en a bien conscience. Cela se ressent dans ses paroles, le morceau Failles en est l’exemple révélateur : moment présent, incertitude concernant le futur, « de quelle force va-t-il falloir être ? », Clean est clairement fataliste et souligne « j’ai fais le vide, reconquérir l’unité, je m’avance, c’est une lame de fond qui m’attend ».
L’esprit est torturé sur L’archipel des Pensées ou encore sur Le Magnétisme des Sentiments, Dysphoria et Aller Plus Loin poussent au dépassement de soi et à la prise de conscience…
Mass Hystéria nous donne l’impression d’avoir tiré les expériences du temps et semblent nous le retranscrire à travers ses textes. Conseils, retranscriptions, constats, avec un destin assez tracé… L’album se termine sur une note positive, Comme on Danse, avec des mots percutants « le rock’n roll n’est pas mort, on creuse, on restaure ! Mineur, on fait dans le métal précieux ! Rock contre nature, pétrole contre nourriture… ! ».
Inscrit dans un cadre très métal, la voix de Mouss se prête toujours autant en harmonie, enfin, une harmonie virulente.
L’ensemble des morceaux est résolument métal, avec certaines pointes d’indus sur Le Magnétisme des Sentiments (qui nous rappelle au passage un certain Respect To The Dancefloor !) et L’archipel des Pensées. Personne ne pourra nier que nous assistons ici à l’album le plus violent, le plus lourd du groupe. Les Mass piochent dans les recettes à succès, on retrouve quelques riffs de Babylone ou d’Une Joie Kamikaze de l’album précédent, voir même des sonorités de Contraddiction.
Après il ne faut pas non plus oublier que Mass Hystéria ne cherche pas à révolutionner sa musique proposée. On a ici une succession de grosses rythmiques, avec des guitares aiguisées et saturées, qui s‘inscrivent dans la lignée d‘Une Somme de Détails. Au-delà de la violence et de la brutalité du skeud, il se montre surtout simple mais efficace malgré la baisse en régime de la deuxième partie d‘album. Au final, d’un point de vue créativité, les Mass n’ont rien inventé musicalement.
Ce Failles est bon, il dégage une adrénaline incroyable dès la première écoute, mais on ne peut pas qualifier cet opus comme l’album référence du groupe. Mais ne faisons toutefois pas la fine bouche : on prend une sacré claque une nouvelle fois.
NOTE : 15/20
Chronique également dispo sur Le Pulp Club par Rael :
http://pulpcluub.canalblog.com/archives/2009/09/28/15237544.html#comments
08 octobre 2009
A tout moment - Eiffel

"A tout moment", dernier opus de nos amis Eiffel est sorti Lundi 5 Octobre 2009. J'ai enfin pu mettre la main dessus.
Après "Abricotine & quality street" en cri de désespoir d'une adolescence torturée, "le 1/4 d'heures des ahuris" sonnant comme une prise d'identité du groupe, un double album live extraordinaire révélant ce qu'Eiffel allait enfin devenir, un album Solo du chanteur Romain Humeau "l'éternité de l'instant" qui transforma l'esprit du groupe, et un "Tandoori" vraiment exceptionnel, Eiffel revient assez rapidement, avec "A tout moment".
Alors que nous réserve cette nouvelle galette? Beaucoup de bonnes choses, à commencer par le single de l'album: "A tout moment la rue" qui en plus d'être un morceau vraiment excellent avec sa lente montée, se paye le luxe d'être le premier morceau officiel où chante Bertrand Cantat (Choeurs), et il donne de la voix. Le reste de l'album n'est pas moins bon, et l'on navigue dans un univers proche de celui de "Tandoori", en plus calme.
Certain morceaux tombent immédiatement dans l'oreille comme "Cet instant-là" ou "Minouche" qui ouvre l'album. Le groupe s'amuse constamment avec les mots et les sonorités, mélant aux guitares, des violons ou autres hautbois, Banjo, Bandonéon, claviers et sons électroniques, bref, un album très travaillé.

Le virage amorcé par l'album solo de Romain humeau se ressent toujours dans Eiffel et c'est une bonne chose, on sent vraiment de la maturité dans chaque morceau et on navigue entre des textes engagés et des paroles plus légères. On passe ainsi un très bon moment et on en redemande!!!
04 octobre 2009
Récompense pour simple présence à l’école, pourquoi pas 20 000 euros pour avoir fait ses devoirs non plus… ?!
En ce paisible dimanche j’ai appris la nouvelle fantaisie de notre bonne (et vielle) éducation nationale : donner de l’argent aux élèves qui consentiront à se présenter à l’école au lieu de sécher les cours…
Non, non vous ne rêvez pas. Donnez du fric à des petits morveux qui sont plus familier du séchage de cours que de la fréquentation du banc d’école.
Mise en place, à titre d’essai, dans six classes de trois lycées professionnels de l’Académie de Créteil, cette mesure financera un projet commun.
La mise de départ est de 2000€, et plus les objectifs de présence au lycée seront remplis, plus la cagnotte augmentera, pouvant atteindre 10 000€…
Le coup de la carotte pour avancer n’est décidemment bonne que pour les ânes.
« Dans un communiqué, le président socialiste de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, s’inquiète des "risques de grave dérive" liés à l’instauration de cette récompense financière. "Le rôle de l’école n’est pas d’apprendre aux élèves comment gagner de l’argent par tous les moyens, mais de leur transmettre les savoirs et les valeurs indispensables pour leur épanouissement personnel"', a-t-il ajouté. Un système qu’il juge aussi "inapplicable à l’échelle nationale" puisque la facture "s’élèverait au minimum à 58 millions d’euros par an" et pourrait atteindre 290 millions d’euros si la prime maximale était atteinte par l’ensemble des classes. Cette initiative controversée durera une année et, si elle est concluante, pourrait être étendue à 70 classes, soit environ 2 000 élèves, dès la rentrée 2010 pour un budget total de 500 000 euros. »1
A Marseille, une initiative semblable a été engagée : « tu vas à l’école. Tu vas à l’O.M ! »
Tu m’étonnes que le slogan fasse fureur.
Marchandisation de l’école, la récompense pour moi n’est pas placée au bon endroit. Quelle est cette bêtise de récompenser ces petits cons qui auront bien voulu faire l’effort de se lever le matin pour aller au lycée ! Comment NOUS pouvons penser que là est la solution ?!
Récompenser ceux qui bossent, ceux qui tous les jours font l’effort parce qu’ils savent que là est leur intérêt. Tous ces jeunes qui oublient, qui ne savent même pas, qu’étudier, qu’avoir accès à l’enseignement est une chance. Que partout dans le monde ça ne se passe pas pareil.
Et puis que dire de la place du professeur, déjà bien abîmée ?
Le prof a aujourd’hui, perdu presque toute son autorité, toute son aura. Bien souvent considéré comme médiocre et ayant atterrit là par dépit, son travail est déjà laborieux, délicat et cette espèce courageuse est en voie de disparition. On ajoute une couche en décrédibilisant complètement son travail, le peu qu’il lui reste de dignité. Acheter les élèves pour qu’ils daignent venir à l’école !
« Il est pour le moins immoral de rémunérer la présence des élèves en classe en France, alors qu’ils profitent de la chance qui leur est donnée d’accéder aux études et au savoir afin de préparer leur propre avenir ! »2
Sur internet, les réactions fusent et peu de gens sont d’accord avec la mesure (à part peut-être les cancres, et les parents de cancres). Et cela me rassure. Et moi aussi j’écris mon mécontentement, mon indignation.
Dépenser des sous pour forcer des élèves à suivre l’enseignement que la France leur offre n’est certainement pas la solution.
1. le JDD.fr, Ecole : Présence égale récompense, 2 octobre 2009, Anne-Charlotte Dusseaulx
2. Payés pour leur présence, SOSeducation-leblog.com
Autres articles sur le sujet :
*http://www.laprovence.com/articles/2009/10/03/928008-A-la-une-A-Marseille-les-eleves-les-plus-assidus-ont-des-places-pour-l-OM.php
*http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/politique/20091004.FAP6502/absenteisme_francois_bayrou_sinsurge_contre_une_marchan.html
*http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/10/02/01016-20091002ARTFIG00540-absenteisme-une-cagnotte-pour-motiver-les-lyceens-.php
*http://www.leparisien.fr/societe/cagnotte-contre-l-absenteisme-au-lycee-les-internautes-furieux-02-10-2009-660258.php
*http://www.france-info.com/spip.php?article350654&theme=193&sous_theme=193
30 septembre 2009
Hotel Woodstock, l'organisation d'une légende.
1969, summer of love. Elliot retourne chez ses parents pour reprendre la gestion du motel familial. Mais disons que l'affaire n'est pas aisée, entre les crédits bancaires et sa mère qui ne fais absolument rien pour l'aider dans la tâche qu'elle lui a confiée et Elliot commence à désespéré, jusqu'à qu'il apprenne qu'une ville voisine change d'avis quant à l'accueil d'un festival de musique.
Alors, voilà le dernier Ang Lee qui nous plonge dans la fin des sixties, en plein mouvement hippie. C'est pour moi toujours un vrai plaisir de retourner dans cette époque, ne serais-ce que pour le temps d'un film. Et ici, il faut bien avouer que le réalisateur s'y prend à merveille pour restituer ces folles et magnifiques années. On pourra parler des costumes, des décors, etc... Ce qui m'a fais particulièrement plaisir, ce sont la re-création du graphisme de l'époque. On entraperçoit parfois un poster au détour d'une scène et j'ai bien l'impression que certains ont été créés pour l'occasion (on retrouve le nom du studio qui s'est occupé du graphisme du film sur l'un de ces posters), voir des journaux également imprimé pour le film ou encore voir ou revoir certains passages d'actualités de l'époque. On retrouve également dans le film cette insouciance de l'époque, mais aussi l'incompréhension entre les gens qui pouvait régner à cette époque. En bref, aussi bien le visuel que l'ambiance du film retranscrit ce qu'à put être l'été 1969.
Pour ce qui est du côté technique, le film est très classique dans sa forme, si ce n'est quelques détails qui surprennent un peu quand on connaît le réalisateur. Par exemple la mise en scène est assez simple, légère, alors qu'Ang Lee a plus l'habitude d'une mise en scène travaillée, qui s'impose plus à l'écran. Mais au final, je ne suis pas sûr que le film avait besoin de sa mise en scène plus travaillée. De même l'utilisation étonnante, mais pas dérangeante, des split-screens, procédé que le réalisateur avait utilisé dans Hulk, film qui lui valu l'incompréhension de beaucoup. On se demande un peu pourquoi ils sont là, sans pour autant que cela soit gênant.
Les acteurs ne sont pas en reste, Demetri Martin est très bon dans son rôle de bon fils de famille juif. En somme pas de fausse note dans le casting, si ce n'est que, je ne sais pourquoi, j'ai trouvé Emile Hirsch un peu en dehors, trop sérieux dans son interprétation, peut-être parce que son rôle de jeune recrue de retour du Viêt-Nam est trop dramatique en comparaison du reste. Mention très spécial à deux acteurs : Henry Goodman qui joue le père d'Elliot, qui tout au long du film porte le personnage et son histoire avec très peu de dialogues, un personnage vraiment touchant et très bien interprété, et last but not least, Liev Shreiber, cet acteur impressionnant par sa taille et sa carrure, joue le chef de la sécurité du motel le temps du festival, Vilma, et il est tout bonnement géniallissime.
En conclusion, un agréable moment qui passe très (trop?) vite. Peut-être pas le film de l'année, mais quelque chose de très bon qui, époque oblige est accompagné d'une superbe BO.
28 septembre 2009
Failles - Mass Hysteria Vous avez dit: "A l'ancienne?"
Le Mass hysteria nouveau est sortie. Pour les néophytes, Mass Hysteria est un groupe de Métal au phrasé très Rap comme pourrait l'être Rage against the machine (Tout en étant très différents). Le groupe prône la liberté de penser, le bonne esprit et la paix dans la joie et le dépassement de soi.
Après deux albums cultes, un live surpuissant, un "de Cercles en cercles" plus que contesté, un black album de la maturité et "une somme de détail" qui sonnait comme la consécration d'un groupe qui avait su se renouveler sans oublier ses racines, voici donc "Failles".
Avis après une première écoute.
Les gars de la mass ont décidés d'enclencher la vitesse supérieur, le 1er morceau annonce la couleur, l'album sera hard, âpre. "World on fire" un morceau très abrupte, des paroles ultra frontales. "Parler de révolution c'est comme cracher au plafond, Ca ne fera pas crever le plancher de l'exploitation car l'anti-capitalisme est vide...", un morceau anti-crise, anti-extrémisme, anti-idées reçus.
Second morceau et toujours ces riffs poisseux qui collent, n'oublions pas qu'ils sont là pour en découdre. "Plus qu'aucune mer", ça sent le gros pogo en perspective, on a un refrain entrainant et une rythmique bien lourde, ok on continue.
"Failles", ici nous revenons à quelque chose de moins gras, on reste dans l'esprit heavy mais tout y est moins gras, plus sophistiqué.
"L'archipel des pensées" affiche un gros riffs bien rock, une rythmique velue mais trainante, la voix se fait plus lente, mais pas moins percutante, et puis sans prévenir, ils envoient le son, les guitares et la batteries se transforment en mitrailleuses lourdes, bienvenue dans l'arène...
"Clean" et "Dysphoria" repartent sur un rythme plus rapide, et un refrain trainant dans la plus grande tradition de Mass Hysteria. Des morceaux classiques dirons-nous, bien old school!!!
"Le magnétisme des sentiments" ressort les samples à l'ancienne et les paroles sur la fraternité des hommes. Le morceau qui fait bien plaisir: Un gros riff, un gros rythme et des paroles ultra positives!!!
"Aller trop loin" et "Respirer" sont deux morceaux qui donnent la pêche, avec un refrain qui tombe dans l'oreille, pas trop heavy, mais bien couillu quand même.
"Get high" est, fait assez rare, un morceau en Anglais, on retourne dans la catégorie: "Morceau qui colle."
"Rien n'être plus" est un titre qui en soit, ne signifie rien... Mais il a un sens dans la chanson...
"Comme on danse" conclu donc l'album de façon fort sympatique, une sorte de "Killing the hype", mélange de truc festif et Métal... Du métal festif donc..."Voyez comme on danse, voyez comme on pense, voyez comme on emmerde la tendance!!!" Bref à ranger à coté de "Respect to the dancefloor".
Conclusion: Un album qui respire la testostérone sans pour autant oublier de raconter quelque chose, Mass Hysteria est en super forme, et il ne faudra pas longtemps pour voir de cette galette, émerger des titres phares comme "Echec", "Babylone", "Killing the hype" ou "Se lover dans les flammes" de l'album précédent. Une super bonne surprise que j'attends de transformer en Gouffre de Heim au prochain concert...





















