AttentatLes_CatilinairesAnt_christa

Attentat
  
C'est l'histoire d'Epiphane, surnommé Quasimodo, uniformément laid et repoussant, qui rencontre la divine Ethel dont il tombe amoureux. Touchée par ce personnage, elle ne le repoussera pas, et même s'accrochera à lui sans jamais deviner ses sentiments.
Il deviendra repoussoir officiel lors des défilés de mode, médiatisation qui le conduira jusqu'au Japon...
Comme le précise la quatrième de couverture, on est bien dans un conte cruel sur l'Amour, c'est (comme toujours) très bien écrit et la fin est à la fois très intéressante, inattendue mais finalement cette histoire  ne pouvait finir autrement... Par contre, je n'ai pas aimé. Pas aimé le personnage principal, son adoration pour sa laideur, sa jouissance à caresser son acné purulente, ses fantasmes à se prendre pour un taureau qui embrocherait les jeunes filles. Cela a un côté assez malsain qui m'a déplu. C'est d'ailleurs un livre très dérangeant, qui m'a gêné, pas à cause de la laideur, mais plus des névroses qui, ici, en découlent...

Les Catilinaires

La simple histoire d'Émile et Juliette qui s'aiment comme un premier jour, Juliette dans la fraîcheur de ses 10 ans conservés et Émile tout juste retraité d'une carrière de professeur de lettres. Ils sont tombés amoureux de la Maison. Un peu isolée, en pleine campagne, ils s'y installent, pensant vivre là, jusqu'à la fin des temps...
C'était sans compter sur leur étrange voisin, Palamède Bernardin qui s'invite tous les jours de quatre à six. Il y avait les cinq à sept, il y a maintenant les quatre à six de M. Bernardin.
Tout change. L'angoisse monte un peu plus chaque jour pour ce couple auquel on s'attache très vite. On sent l'enlisement, l'insolubilité. On sent que tout est  perdu, tout est fichu, retraite gâchée.
Mais par un habile jeu de dialogue (enfin plutôt monologue), Amélie Nothomb entraîne son personnage, là où il n'aurait jamais cru pouvoir aller.
Savoureux dans les échanges, surprenant par l'histoire qui finalement rebondie souvent, on dévore ce roman, sans jamais deviner la fin mais en s'interrogeant perpétuellement sur ce que l'on aurait fait, nous, face à ce voisin si envahissant malgré son silence si pesant...

AntéChrista

Blanche est jeune. Blanche est seule. Blanche est absolument quelconque malgré son intelligence. Blanche est presque transparente. Alors quand Christa, belle, exubérante, sûre d'elle, populaire, lui adresse la parole. Blanche n'en revient pas et se jette à corps perdus dans cette amitié. Où ce qu'elle croit être une amitié... car Christa montre rapidement qu'elle existe autant que son contraire, Antéchrista. Prenant peu à peu la place de Blanche au sein de sa famille, la jeune fille dévoile son jeu malsain au fur et à mesure des pages.
Là encore, Amélie Nothomb prend comme personnage principal un être différent, dont la vie n'est pas parfaite, dans un certain mal être. J'ai vraiment adoré ce roman, très fort car le personnage de Blanche m'a beaucoup touché. Par sa fragilité, par les épreuves qu'elle traverse, par le sentiment d'injustice qui l'habite. Le monde sans merci des élèves qui sont solitaires et les difficultés qu'ils rencontrent sont très bien amenées, décrites. Le ton très juste et l'art du dialogue me laisse béate d'admiration...
La fin est un peu moins spectaculaire que j'aurais pu le penser, et je n'ai pas vraiment compris le sens qu'il fallait donner à la toute dernière phrase. Mais qu'importe, c'était très intense, et ce qui est certain, c'est qu'à la place de Blanche, j'aurais été beaucoup plus sanguine...!