24 novembre 2009
Live Report Tagada Jones à Milhaud (30)
Le froid s’est installé confortablement dans les terres languedociennes… Doucement, sans faire de bruit, il est venu s’inviter à sa manière dans le Rakan Fest de Milhaud à quelques minutes de Nîmes. Comme si les bretons des Tagada Jones l’avaient discrètement glissé dans leurs valises pour nous le balancer fougueusement sans regret.

Nous aurions du assister pleinement à cette chaude soirée organisée par Rakan Musiques. « Nous aurions du » , notez bien l’usage du conditionnel, car finalement nous sommes arrivés malheureusement en fin de soirée de ce Rakan Fest qui proposaient une affiche punk/métal/rock avec Poutre, Craven, 10 Rue D’La Madeleine et les enragés du Tagada Jones.
La faute à une bête erreur d’itinéraire qui a poussé à faire trois fois plus de kilomètres que prévu… mais heureusement que la chance a finit par nous sourire, nous n’avons cependant pas perdu une miette du show Tagadesque.
Les prestations scéniques des Tagada ne sont plus à présenter : avec des brulots tels que Le Feux aux Poudres, L’envers du Décor et Manipulé, impossible de laisser la part au doute. La fougue, la puissance, l’hystérie dégagées par le groupe sonnent comme une terrible explosion sonore, mêlant hardcore, métal, punk, électro comme un simple cocktail de revendications sociales et musicales. Hors les mois précédents ont malheureusement fait ressentir les premières limites d’un groupe que l’on annonçait au sommet de sa forme : côté studio d’abord, avec le très décevant Les Compteurs à Zéro sorti en 2008, et enfin avec le départ de Gus (voix et samples) non remplacé, qui enlève un part d’identité au groupe.
Alors forcément avec une telle mise dans le contexte, c’est à la fois perplexe et excité que nous attendions LE groupe de ce Rakan Fest. Du monde, mais pas de quoi afficher complet : l’innovante salle des fêtes de Milhaud a de quoi rendre jaloux les plus célèbres salles de concert de la région : de l’espace, un matos neuf, un son net et sans bavure, une configuration parfaite pour accueillir des artistes de tous styles… Après s’être égarés, les guitares rugissantes et saturées envahissent la scène, le show va pouvoir enfin commencer.
C’est avec violence et envergure que le groupe lance la charge : panneaux lumineux et clignotants affichant symboles et numéros à l’image du dernier skeud Les Compteurs à Zéro, jeux de lumière, ambiance saccadée pour ouvrir le bal : Camisole et La Solution sont les deux premiers morceaux choisis. Cette ouverture plus orientée punk/rock laisse le public à ses doutes, l’entrée en la matière parait presque ratée. Le départ de Gus se fait déjà sentir : on ne peut plus faire à quatre ce que l’on faisait à cinq : Niko se laisse aller, chante beaucoup plus, sa voix est nettement mise en avant alors que les guitares autour de lui sonnent creux… Il manque ces coups de buttoirs, ces samples, ces terribles rythmiques hardcore qui faisaient un ravage quelques années auparavant.
Ce début manqué va toutefois se faire rapidement oublier : {‘DaBLJU:} (à comprendre W Bush) , titre phare
du mémorable et album référence L’envers du Décors, vient mettre tout le monde d’accord… on retrouve enfin ce que les Tagada nous avaient habitué auparavant. Désobéir vient ralentir la frénésie pour laisser sa place à Pavillon Noir et Combien de Temps Encore ? Ô combien violents. On apprécie sincèrement la volonté du groupe à croiser ses expériences sonores à travers ses différents opus, mais à chaque fois que la mayonnaise semble prendre un grain de sel coince la machine.
Les deux morceaux suivants, Une Fois de Trop et D.I.Y, bien qu’avec des textes incisifs, manquent clairement de puissance : on retrouve plus un rock alternatif bien huilé qu’un punk sale rencontrant des subtilités électroniques… Nouveau coup de pompe dans la salle.
Ce jeu du yo-yo va être de mise toute la soirée. C’est presque comme un cheveu sur la soupe qu’arrive le track le plus célèbre du groupe, Manipulé. Profitant à nouveau d’une salle surchauffée, les Tagada passent à la vitesse supérieure et se mettent à enchainer les morceaux de volée : Cargo, Thérapie, A Qui la Faute, Eco War assomment un public qui n’était visiblement pas prêt à subir un tel affront. Le métal rencontre l’électro, les mélodies sont fluides, les influences punk indéniables, la voix rocailleuse de Niko donnent un énième souffle, ça transpire la sueur et la hargne ! Sarko, les OGM, le capitalisme, le réchauffement de la planète, l’égoïsme de l’homme, tout y passe… des paroles que l’on aimerait entendre plus souvent.
Enfin remis de nos émotions, les Tagada, sans surprise vu le déroulement de la soirée, nous proposent un fin de set en alternance avec des morceaux de la dernière galette : A Force de Courir (moyen) et un Garde à Vue assez détonant. Entrecoupé du dynamiteur Le Feu aux Poudres, c’est dans un fracas sonore que s’achève ce show très carré.

L’heure du rappel a sonné, on se dirige lentement mais sûrement vers la fin de ce Rakan Fest. Un retour fracassant qui va enfin créer l’unanimité : les Tagada Jones nous ressortent des morceaux mythiques (pour groupes mythiques) des perles du bon vieux punk français. Reprises de Jouer avec le Feu des Shériff, Quelle Sacré Revanche d’OTH, et enfin Hommage à Parabellum. Comme pour sacraliser cette union, ô quelle bonne surprise, le groupe finit avec Hold Up (issu du premier album en 1995), de Plus de Bruit (1998) et Violence, contre la connerie du hooliganisme dans les stades. Un bon vieux retour aux sources inattendu qui en aura rassasié plus d’un : les Tagada Jones ont mieux fini que commencer.
Il est clair que le dernier album Les Compteurs à Zéro avait été cueillis à froid par la critique, malheureusement la performance live rattrape peu les bonnes convictions des Tagada. Heureusement que les morceaux des précédents skeuds nous montrent qu’ils savent toujours chauffer à blanc une salle en furie, mais l’on ressort malgré tout avec le sentiment d’avoir assisté à un show en montagnes russe, alternant le bon… et le moins bon.
LE CONCERT DANS LE DÉTAIL
Tête d'affiche : Tagada Jones
Durée Tagada Jones : 1h30
Premières parties : Poutre, Craven, 10 Rue D'La Madeleine
Durées : 45 min Poutre // 45 min Craven // 1h15 10 Rue D'La Madeleine
Date : Samedi 7 Novembre 2009
Heure : 19h
Lieu : Salle des Fêtes
Ville : Milhaud (10 min de Nîmes, Gard)
Dans le cadre de : Rakan Fest
Set List : Camisole, La Solution, {‘DaBLJU:}, Désobéir, Pavillon Noir, Combien de Temps Encore ?, Une Fois de Trop, D.I.Y., Un Kulte, Manipulé, Cargo, Thérapie, A Qui La Faute, Eco War, A Force de Courir, Le Feu aux Poudres, Garde à Vue
Rappel : Jouer avec Le Feu, Quelle Sacré Revanche, Hommage à Parabellum, Plus de Bruit, Hold Up, Violence
16 juillet 2009
C'était le Cratère Surfaces sur Le Pulp...
On ne va pas revenir sur les habituels débats qui ont agité la vie paisible du Pulp concernant cette longue semaine spéciale, mais j'en ai terminé avec le Festival du Cratère Surfaces édition 2009.
J'ai essayé de sélectionner les représentations "coup de coeur", pourtant il y en avait bien d'autres. J'ai également vu d'autres choses, plus ou moins sympa, que je n'ai pas développé... Alors voici les dernières représentations.
L'aile ou la Cuisse : Un nom peu commun pour un groupe de musiciens, mais qu'est ce qu'ils étaient bons ! Un orchestre résolument ska, un peu à la sauce Babylon Circus, avec un chanteur qui était à l'oeuvre dans un long mégaphone. Ca a rendu super bien ! 1h30 de live vraiment épatant et boulégant.

Les Miniatures : De la danse contemporaine en 3 étapes de 10 minutes chacune. Très très bizarre : quatre personnes devant une table qui bougent les bras en malaxant une grosse boule de pâte à modeler qui évoluer en fonction des gestes. Une deuxième représentation avec un volontaire du public... incompréhensible. Nous n'avons pas pris la peine de voir le troisième volet. Les Miniatures resteront à mes yeux quelque chose d'incompris !
Diabladas Corps Soufflant : Encore un groupe de musique qui lui aussi a su garder un gros côté fanfare. Fête et morceaux dans les rues pour occuper les temps morts entre les représentations, histoire de ne pas en perdre une miette !

Les Contre-Visites Guidées : Alors ça mes amis, si ces deux gaillards passent du côté de chez vous et vous proposent leur fameuse contre visites, sautez y dessus ! Votre ville comme vous ne l'avez jamais vu ! Un peu de vrai, beaucoup de mythes, et énormément de vannes ! Ils vont aller repérer tout ce qui est susceptible d'attirer votre attention en inventant des histoires de fous, et qu'est ce qu'elles semblent vraies ! Un RE-GAL !! Une de mes représentation préférée, mais je n'ai pas pu vous la présenter : ça ne s'explique pas. Premièrement faut connaitre la ville, et beaucoup est dans la façon de le raconter et les conneries faites à côté.

I Do : Une rue entière occupée par des mini-ateliers de 20 minutes chacun. Ca aussi, ça a été excellent, mais il faut vivre ces petits ateliers très restreints, où les comédiens sont dans leur trip et n'hésite pas à se mêler aux spectateurs. Un premier atelier était "comment s'habiller tous les matins avec les mains de Mickey ?", un deuxième était "Mais où est passée ma femme ?" qui se moquait de situations que l'on a tous vécu, un troisième essayait de représenter "comment l'homme peut redevenir sauvage ?"... Un qui m'a particulièrement était une femme, très peu vêtue, qui racontait qu'elle enregistrait un cd uniquement de bruitages. Ces bruitages étaient en fait réalisés par l'action de tirer une caisse remplie de verres, ensuite de fringues, ensuite de plastiques. Elle expliquait très sérieusement qu'elle enregistrait le bruit de la caisse avec du verre, que le deuxième morceau de son album serait la caisse remplie de plastique... Mais ce qui était comique c'est que la caisse tirée dans la rue, quelque soit son contenu, faisait toujours le même bruit ! Enfin un atelier a confirmé que c'était bien la compagnie des jobards de service, un comédien expliquait que toute notre vie était tracée selon la courbe asymptote. Il faut le voir pour comprendre ces mots, je n'en dis pas plus... si vous vous voulez rentrer dans ce monde de fou, croisez la route de I Do et vous comprendrez !
Une édition 2009 de grand cru avec 3 jours haletants qui nous permettent de décourvrir les arts de rues, ce n'est jamais commun, et pourtant qu'est ce que c'est bon. Vivement l'an prochain !
15 juillet 2009
Cratère Surfaces présente Flux
Flux, ce devait être la tête d'affiche du Festival Cratère Surfaces de l'édition 2009. Honnêtement, j'ai trouvé ça nul à chier. C'est dit.
Sur le papier, le programme était alléchant. "Un parcours poétique mêlant images animées, déambulation et performance équestre". Ok, pourquoi pas. De toutes façons c'est l'évènement du Cratère Surfaces de cette année.
Le concept est pourtant intéressant : chaque spectateur se voit remettre un casque audio et un boitier audio en échange de sa carte d'identité durant le spectacle. Ce dernier a lieu de nuit, dans les vieux quartiers de Rochebelle, de l'ancienne verrerie, pour arriver à l'école de Salto d'Alès (+école de cirque). Le départ se fait du célèbre Musée PAB. Vraiment judicieux.
Au fur et à mesure de la ballade, des images et des vidéos sont projetées sur les murs environnants : un cadre imaginaire est crée, les murs parlent, chaque personne entend des murmures au fur et à mesure de la marche... Quand il n'y a pas d'images, des vers poétiques sont alors dévoilés.
On marche 5 minutes pour voir 15 minutes de films. C'est long. Surtout que la plupart du temps c'est en espagnol. Des ombres de chevaux sont visibles, mais deux sont seulement présents. Une femme et un homme. Les deux en réalité que nous voyons dans le film. Ce parcours vidéo est également créé par la compagnie, qui vise à mettre en place une sorte de voyage où l'on ferait le lien avec ce qu'on voit, ce qu'on entend, et le spectacle équestre. Il vise construire une sorte d'initiation imaginaire pour retranscrire les deux personnages de l'Iliade.
Vous voyez donc que le concept n'est vraiment pas bête : vidéo, audio, marche et spectacle équestre en même temps.
Sauf que le programme si alléchant ne le fut pas vraiment. "Un être étrange, mi homme, mi cheval, se livrant à une danse d'une perfection technique absolue, envoutante et sensuelle". Euh on n'a pas du voir le même show, les mots me manquent. On s'attendait à voir des choses spectaculaires, ou quelques peu en lieu avec ce que nous voyons : jamais on ne vit le lien ! La première apparition du cheval (avec son cavalier) nous indique le chemin à suivre, rien de sensationnel. La deuxième se déroule dans l'eau : un cheval blanc est immobilisé, il se livre au cavalier qui s'allonge et s'étire sans cesse sur le cheval. Cinq minutes et puis s'en va. La troisième apparition a lieu dans la cours de la verrerie, avec de vastes espaces. On s'est dis qu'enfin il y a allait avoir du remus ménage. Encore raté ! Elle fit des tours en forme de rond pendant quelques minutes.
La dernière apparition a été avec les deux et uniques chevaux, dans l'antre de l'école de salto. Une sorte d'arène, où l'on pensait voir un affrontement enfin équestre. Que nenni ! Ils nous invitent à nous assoir et à les observer. Ils représentent en 10 minutes une sorte de fusion où ils font allonger les deux chevaux, tandis que l'homme et la femme font semblant de se caresser. Ils se lèvent, saluent la foule, et s'en vont.
Basta.
Alors je n'ai pas compris où était le fameux évènement tant attendu. Flux devait être la sensation du jour, il a été une sacré déception.

Pour en savoir plus...
Avec : Camille et Graal, étalon Frison, Manolo et Darwin, étalon Frison et Nuno, étalon portugais.
Film et Mise en Scène : Camille et Manolo.
Textes : Fabrice Melquiot.
Création Lumière : Pascale Bongiovanni.
Création Sons : Nicolas Lespagnol, Rizzi.
Composition Musicale : Christian Boissel, Solea, Garcia Fons.
Création Graphique : Jeanne Roualet.
Conseil Artistique : Raymond Galle.
Costumes : Joëlle Grossi.
Direction Technique : Christophe de Le Court.
Régie Vidéo : Jean Christophe Cariou.
A partir de 12 ans
Depuis plus de 10 ans, le Théâtre du Centaure implanté à Marseille, construit son travail sur l'utopique union entre le cheval et le comédien.
Dernier article demain sur le bilan des représentations et du Cratère Surfaces édition 2009.
13 juillet 2009
Cratère Surfaces présente Le Grand C
Le Grand C faisait partie de ceux que l'on attendait le plus, et l'on a pas été déçu. Malheureusement sa représentation a été un peu boycottée par le fait que nous devions partir voir Flux à l'autre bout d'Alès, donc nous n'avons pas pu tout voir. Malgré tout, sensations garanties !

PAR LA COMPAGNIE XY
C'est une foule monstre qui s'était déplacée au Théâtre de Verdure en plein air pour assister à la représentation d'1h de la Compagnie XY.
Le Grand C c'est 36 bras qui lancent, portent et rattrapent. Vous avez compris le topo. 18 acrobates, 36 mains, 180 doigts dotés d'une technique éprouvée et parfaitement maîtrisée. Beaucoup d'énergie dans cette représentation, beaucoup d'invention, mais aussi beaucoup de tensions. On a en effet assisté à quelques chutes heureusement sans gravité : la pluie et l'orage s'étant invités sur Alès, les tapis étaient quelque peu détrempés...
Cette heure d'acrobatie malheureusement incomplète pour mon cas personnel aura en tout cas était impressionnante. Premièrement, le principe du duo homme femme a été bousculé : grosse surprise lorsqu'une femme maigroulette a réussi a soulevé un homme baraqué de plus deux fois son poids. Les portés ont été plus acrobatiques les uns que les autres.
Le Grand C a exploré la technique du cirque, c'est indéniable, mais aussi un mélange de musique et de danse puisque le tout offre une chorégraphie qui tient vraiment la route. Les pyramides humaines elles aussi laisseront pantois.
Hommes, femmes, mais aussi rondins de bois, planches, chaises... ils mélangent tout ce qu'ils peuvent pour faire des figures. L'émerveillement a été assuré, dommage qu'il fut écourté.
Pour en savoir plus...
De, Par et Avec : Abdeliazide Senhadji, Airelle Caen, Anne de Buck, Antoine Thirion, Aurore Liotard, Caroline Leroy, Denis Dulon, Eloise Bouillat, Emilie Plouzennec, Eve Bigel, Frederico Placco, Guillaume Sendron, Maxime Pervakov, Michael Pallandre, Mikis Minier-Matsakis, Romain Guimard, Thibault Berthias, Thomas Cardeus.
Regards Complices : Loic Touzé, Mahmoud Louertani.
Création Musicale : Marc Peronne.
Création Lumière : Vincent Millet.
Création Costumes : Marie Cécile Viault, Géraldine Guilbaud.
10 juillet 2009
Cratère Surfaces présente Dérapage !
Être flic ce n'est vraiment pas la joie. Surtout lorsque deux jeunes gradés font leur première interpellation...

COMPAGNIE CARNAGE PRODUCTIONS
On pouvait s'attendre à un truc bien lourd lorsqu'on a vu sur le programme une reconstitution d'interpellation. On aime rire des flics, mais l'on avait surtout peur d'assister à une parodie ultra classique de la police, plate et sans originalité. Une nouvelle fois, faux sur toute la ligne.
Il est 23h dans cette soirée d'ouverture du festival. Nous sommes en pleine rue, où l'immeuble de l'autre côté de la route sert de décor. D'un coup, Dark Vador de son masque vêtu déboule avec son sabre et un poste à fond les watts. Un voisin commence à s'énerver et demande à ce dernier de partir. Qui refuse bien entendu. L'agitation du voisin du premier s'intensifie : à nos grande stuppeur, il balance son téléphone par la fenêtre. Quelques secondes plus tard, c'est carrément une tour centrale de PC qui passe par dessus bord.
Situation comique mais qui l'a été encore plus vu la réaction d'une partie du public croyant réellement qu'un voisin pétait les plombs. "Mais il est fou !". Pourtant étant sur les lieux d'un spectacle, il ne fallait pas s'appeler Einstein pour savoir que tout ça faisait partie de la pièce !
Donc suite au bordel monstre foutu par le fameux voisin, une voiture de flic arrive à vive allure, dérape miraculeusement et fini par se garrer au milieu de la scène en cherchant d'où venait ce foutoir. Belle entrée, bien amené en tout cas.
Plein de petits détails manquent pas de faire sourire : un autocollant sur la voiture de flic avec de marqué "voiture banalisée" (pas mal !). Ou encore les lettres inversées dans le dos du policier "PICOLE" ou lieu de "POLICE".
Alors qu'un forcené tire des coups de feu dans la rue, un duo mixte de policiers fraîchement gradés, mais pas vraiment au top de leur performance, se retrouve sur les lieux. Bien que souvent théorisée à l'école de Police, cette opération va s'avérer plus difficile que prévu.
Un spectacle réaliste et caustique aux rebondissements inattendus, qui laisse place largement à la dimension humaine. Des situations cocasses, de l'humour, beaucoup de maladresses, dans un spectacle qui mélange cascades, burlesque et décalages sans jamais tomber dans les clichés.

Pour en savoir plus...
Avec plus de 1 000 représentations données dans toute la France et aussi à l'étrangers, le collectif ariégeois de Carnage Productions continue d'occuper la rue avec ses cascades spectaculaires et son célèbre sens du ridicule...
Mise en scène : Stéphane Filloque
Avec : Bérengère Déméautis, Yann Collin et Jérome Jolicart.
Compagnie : Carnage Productions
Durée : 55 minutes
La suite des spectacles lundi, pas de parutions ce week end.
09 juillet 2009
Cratère Surface présente Les Tockés
Dur de vous présenter Les Tockés car ça reste du théâtre pur et dur. Pas d'acrobaties, pas de spectacle à sensation je veux dire. Une pièce pleine d'humour et bien grasse. Grasse en matière de calories, pas d'autre chose ! Pourtant à déguster sans modération.

C'est une pièce de théâtre tournée vers l'humour et une certaine touche de dérision qui ne manquent pas de culot ! Un décor dérisoire : deux rideaux qui cachent deux menus, un en français et un en espagnol, ainsi qu'une vieille cage qui sert de frigo. C'est tout. Pas besoin de plus pour mettre le public dans sa poche.
Ils sont seulement deux sur scène : une femme, caricature de "la puta madre" espagnole, ainsi que son mari qui joue le rôle du balourd. Ces deux gaillards ont une mission pour nous : présenter la recette miracle qui fera taire la fin dans la monde ! Oui oui, la clé mondiale est ici, devant nos yeux !
La femme parle tout le long espagnol, d'ailleurs très simpliste et compréhensible par tous, et le mari sert de traducteur. Lassé, il finit par raconter n'importe quoi et se laisse prendre à son propre jeu...
La pièce dure 45 minutes et elle sert avant tout à nous présenter ce fameux menu qualifié de "menu incarnation " !!
Voici le contenu du Menu Incarnation : Apéritif explosif pour débuter. En entrée : Salade dans son bain d'huile. Plat de résistance : lapins et frites hypercholestérolémique de type II B. Dessert : Gateau plombé aux lipides saturés. Vous voyez le topo !
La mise en scène est comique : ils nous donnent réellement l'impression que ce menu est la solution à tous les problèmes de nourriture dans le monde. Ils nous font passer un message qui pourtant sur le fond et la forme est à l'opposé de la solution voulue. Ce menu est trop gras, trop saturé, à l'image de celui des occidentaux. Les deux Tockés se gavent d'ailleurs sur scène ! La femme planque du chorizo partout, dans ses seins, dans ses poches ! Pour l'apéritif, le taureau explosera en pop corn qui atterira dans le public ! Le mari distribuera des frites chaudes qu'il avait planqué sous ses habits... Entre chaque réplique, l'espagnole s'empiffre de chorizo et en distribue à tour de bras !
"Mangez du gras ! Tenez, mangez mon gras !!"
Des numéros burlesques qui au final tournent en dérision la situation mondiale actuelle. Et tout ça s'enchaine à un rythme époustouflant. Comme quoi avec deux bouts de ficelle, on peut faire chavirer un public !

Pour en savoir plus :
Créée en 1985, la Compagnie des 12 Balles dans La Peau est à l'origine de la fondation du Lido, l'école des arts du cirque de Toulouse. Depuis toujours, ses spectacles mélangent le "kitch" du plus mauvais goût avec de réelles performances circassiennes.
Mise en Scène : Marie Vidal
Avec : Eric Burbail et Sophie Assouan
Décors : Aurélien Nozerand
Durée : 45 minutes
08 juillet 2009
Cratère Surfaces présente Glisssssssssendo
Cette troupe déjantée avait fait sensation il y a 2 ans au Festival d'Arts de Rue à Aurillac. Cet été ils posent leurs valises à Alès pour le Cratère Surfaces. Focus sur Glisssssssssendo, avec neuf "s" s'il vous plait !

ULIK ET LE SNOB
Curieux et saisissant à la fois. Glisssssssssendo c'est une troupe musicale théâtrale. Le concept est très simple : Ulik (le chorégraphe) a toujours été réputé en Allemagne pour ses bricolages un peu fantaisistes. Il a réussi à mettre au point une machine qui permet à ses 9 musiciens de se déplacer "en lévitation". On ignore comment il arrive à faire procurer cette sensation. Il n'y a pas de mécanisme électrique, les musiciens ont toujours leurs deux mains à leurs instruments. Se penchent-ils alors pour faire avancer la machine ? Le déplacement reste en tout cas un véritable mystère.
Le tout donne un ensemble intéressant mais surtout lugubre : comme si cette sorte de ballet se déplaçait en faisant une danse de la mort, tels des démons avec leurs grandes robes noires, on dirait des fantômes.
Ils nous distillent leur musique, légère, mais avec fougue, dans un état d'esprit rock et électrique. Leurs instruments mettent eux aussi la puce à l'oreille : ils sont tous déformés et arrondis pour les adapter à cette curieuse mise en scène. Comme s'ils ne formaient qu'eux avec le personnage qu'ils incarnent.
Ce cortège est ouvert par la "maîtresse de ballet" qui manie son bâton de feu comme pour guider les autres. Un spectacle qui est d'autant plus intéressant lorsqu'il est interprété de nuit : tous les membres du groupe ont un long chapeau de fer lui aussi enflammé : les sensations sont donc très variées. En 45 minutes de spectacle, vous avez une fanfare avec une chorégraphie saisissante et vraiment origanale, agrémenté d'effets visuels avec le feu.
Glisssssssssendo "glisse" dans vos rues sous vos yeux ébahis.

Pour en savoir plus :
Glisssssssssendo est né de l'imagination folle, fertile et bricoleuse d'Ulik, artiste de rue allemand et inventeur à ses heures de machines inutiles; et de sa rencontre avec la fanfare Le Snob, groupe musical théâtralisé qui parcourt les festivals de théâtre de rue depuis 15 ans...
Idée originale et Mise en scène : Ulik
Avec les 9 musiciens du Snob : Christine Bournazel (maîtresse de ballet), Ludovic Rivière (Clarinette), Christophe Journaud (Saxo/Alto), Didier Rivière (Trompette), Olivier Rivière (Trombone/Basse), Gilles Monfort (Suzaphone), Mélanie Lemaitre (Caisse claire), Alain Péré (Grosse caisse/Chant) et Mikko Fontaine (Banjo).
Durée : 45 minutes
Extrait de 4'40
07 juillet 2009
Cratère Surfaces présente Oh Suivant !
Nous sommes jeudi soir, premier jour du Festival Cratère Surfaces. Pour le coup d'envoi de cette nouvelle édition, c'est une foule conséquente qui s'est déplacée sur le parvis du Cratère pour assister à la représentation de Oh Suivant !

Ils sont belges mais habitent tout à côté quand ils ne sont pas en tournée dans le monde. Avec une solide formation de circassien, quinze ans d'expérience en théâtre de rue dans plus de 25 pays. D'Irque et sa complice Fien nous propose un spectacle basé sur le jonglage mais aussi présenté avec des touches d'humour.
La curiosité de Oh Suivant c'est qu'il est entièrement muet, et ceci pendant 1h. On pensait que ce serait un peu longuet, que nenni. Le temps est admirablement bien réparti. Le début part calmement : Irque nous montre ses talents de jongleur mais rapidement il va prendre une tout autre dimension. A l'aide de balles rebondissantes, il les fait rebondir où il veut (chaise, table, dossier) et arrive toujours à récupérer les neuf qu'il a lancé ! Les applaudissements ont été admiratifs.
Le spectacle va surtout se montrer très diversifié : là aussi, on peut dicerner 3 temps. Le premier va être le jonglage, le second les acrobaties. Cet homme là sait tout faire avec sa chaise. Avec presque rien et beaucoup de talent, il affiche énormément d'imagination. Pas d'échanges parlés avec le public, mais une connivence réelle avec le public : Fien au piano impose un rythmne incisif qui donne un côté cartoon et comique à la pièce.
La dernière partie va être entièrement adaptée au public : il aime lorsque le spectacle n'est pas clairement réglé comme du papier à musique, et le duo Irque/Fien le sait. Des volontaires (et uniquement des volontaires) sont amenés sur scène et mêlés au spectacle. Les numéros s'enchainent donc en fonction de la réaction des volontaires...
Un spectacle acrobatique de haut vol, tendre et poétique, à l'humour finement ciselé. Tout est dit.

POUR EN SAVOIR PLUS
Avec : Dirk Van Boxelaere et Fien Van Herwegen
Durée : 1h
Extrait de 3'00 :
06 juillet 2009
Cratère Surfaces présente La Roue de la Mort : La Trilogie du Temps
Présents uniquement vendredi soir, les 4 acrobates en trois temps nous ont littéralement fait frissonner... Retour en explications.

PAR LES STUDIOS DE CIRQUE DE MARSEILLE
Le concept est original : une grande roue métallique est montée à plus de 10 mètres du sol où 4 acrobates vont y faire un véritable show sans aucune protection. Leurs figures sont réalisées soient dans la roue même, soient cramponnées à bout de bras sur les rebords... A couper le souffle vraiment. Grand écart, roue, poirier, tenue sur un bras hors et dans la roue !
Ce qui nous impressionnera le plus c'est lorsque le plus vieux de tous se mettra à marcher sur le sommet de roue, les yeux bandés, en avant et en arrière. Il parviendra également à jongler avec des quilles, des bouteilles de champagnes, et des bâtons enflammés.
Le spectacle est judicieusement proposé en 3 temps : chaque temps représente une époque et dure 30 minutes. Le premier concerne la préhistoire. En essayant d'apprivoiser cette étrange machine, ils se retrouvent prisonniers d'un balancier de la vie.
Le second temps qui a lieu plus de 3h plus tard représente le présent. Sur des airs de Piaf chantant la France, nos acrobates ont endossé la tenue de serveurs, chargés de verres et de bouteilles, et entament une course effrénée.
Enfin la dernière partie au bout de la nuit symbolise le futur. Les représentations sont imagées, l'histoire peut ainsi être reconstituée. Ici les hommes sont devenus esclaves de la machine, sous les ordres d'un dictateur invisible. Ces 30 minutes de spectacle montreront comment les hommes finissent toujours par se révolter.
On peut tirer un sacré coup de chapeau à cette troupe. Car au-delà de leur énorme show, ils ont su défier un invité qui n'était pas prévu à la fête. Alors que la troisième partie devait avoir lieu à 23h30, elle n'a commencé qu'à 00h15. Un gros orage a éclaté, la roue a pris l'eau. Ils ont tenu à faire la dernière partie malgré tout en maintenant leurs figures sur une roue détrempée. Vraiment chapeau messieurs !
POUR EN SAVOIR PLUS
Mise en Scène : Pierrot Bidon
Avec : Patrice Kotyla, Simon Luperini, Xavier Bouyer et Patrick Desrues
Durée : 3 x 30 min
Pierrot Bidon, un des fondateurs du Cirque Archaos, fait partie de la première génération de circassiens qui ont imaginé ce qu'on a appelé "le nouveau cirque", un cirque sans animaux, avec une vraie dramaturgie qui mélange souvent théâtre, danse et musique. Depuis 2001, il co-anime les studios de cirque de Marseille, véritable fabrique de l'imaginaire.
Extraits Live 4'10 (je ne peux que vous conseiller d'y jeter un coup d'oeil)
05 juillet 2009
Le Cratère Surfaces débarque sur le Pulp !

J'ai passé 3 soirées excellentes, et je tiens à les faire partager. On n'en parle pas assez, faut dire que tout le monde n'aime pas ou n'a pas les moyens de se le permettre. Le Cratère Surfaces donne justement la chance à toute une population de s'y initier. Vous ne voyez toujours pas de quoi il s'agit ? Je m'explique.
Qu'est ce que le Cratère Surfaces ? C'est très simple vous allez voir. C'est un festival entièrement gratuit qui se déroule sur 3 jours : le 2, 3 et 4 Juillet à Alès dans le Gard. Le Cratère est le nom du théâtre d'Alès qui détient une scène nationale. Vous commencez à saisir ? Oui je sens.
3 jours pour découvrir 400 artistes et plus de 60 représentations. Théâtre, danse, cirque, musique en tous genres et pour tous les goûts. Un budget de plus de 200 000€ débloqué par le Cratère pour permettre à la ville entière de battre pendant plus de 72h au rythme effréné des spectacles, tout simplement. Les rues, les places se remplissent de monde et offrent des shows à tous en plein air. Et tout ça sans payer le moindre centime.
La 11e édition du Cratère Surfaces a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses. J'ai donc décidé pour vous retranscrire au mieux cette édition de faire une semaine spéciale (qui sera d'ailleurs probablement un peu prolongée) avec un fil rouge qui reprendra toutes les représentations effectuées sur ces trois journées. Du moins les majeures et celles qui valent le coup d'être vu. Car les décrire toutes serait impensable.
Une nouvelle fois Cratère Surfaces, festival des arts de la rue, a rassemblé la foule. Vivement l'an prochain. Mais avant ça, bonne lecture !








